Parias

14.260 CFA


Deux voix se croisent, celles d’un père et de son fils. Le père en prison met toute son énergie à écrire à la femme qu’il a aimé. Il met enfin les mots sur leur histoire. Le fils, loin de ses parents, tente de retrouver le sens de la réalité.

C’est vrai que j’étais jaloux et que, toi, tu te regardais vivre et ne prêtais pas attention aux tortures que j’endurais. Tu avais déjà trop d’amis, ils te faisaient rire pendant que moi je regardais ailleurs, d’un air renfrogné. Tu savourais déjà, je le sais, les compliments des hommes dans la rue, tu disparais parfois des heures dans la journée, et à mes inquiétudes, à mon visage ravagé, tu répondais : « Et alors, je n’ai pas le droit de sortir? » J’essayais, moi, de te retenir en te dessinant un futur merveilleux.

Le roman de Beyrouk est une double quête de sens. Le père cherche à remettre des mots sur la vie passée et tente d’expliquer la vérité dans le brouillard des mensonges. Ses nombreuses lettres sont d’une sincérité bouleversante et portées par une passion dévorante. On sent son corps se vider de toute son énergie et peu à peu, le père s’épuise. Ses lettres sont parfois interrompues par la vie quotidienne de la prison, une répétition dont l’ennui et le poids détruisent l’homme progressivement. Les lettres deviennent alors des témoignages, seuls vestiges d’une vie pas vraiment vécue. C’est ce point-là qui est au centre des chapitres consacrés au fils. Lui aussi à la première personne nous raconte son quotidien dont il n’arrive pas à capter la stabilité. Il semble lui aussi en plein mensonge. L’absence de ses parents lui pèse car il est incapable de mettre des mots sur sa vie et les personnes qui l’entourent. Il veut vivre mais part de rien. Bien que les rythmes des deux voix ne soient pas similaires, les thèmes de l’amour et de l’élan de vie sont au cœur des préoccupations des deux hommes. La voix du père porte plus, notamment grâce à la passion qu’il exprime et à sa manière de saisir toutes les nuances du temps. Il revient sur le passé et égraine tous les faux pas. Le père a voulu être parfait dans le rôle de l’amoureux et de l’amant. Il voulait correspondre aux attentes et pointe tous les codes de sa société. En filigrane, surgit ce rendez-vous manqué avec sa véritable personnalité, sa sincérité. Il ne sait pas qui il a été et a préféré endosser un rôle. Le père veut justement que son fils n’emprunte pas le même chemin. Mais il ne lui en parle pas. Et c’est là le croisement très touchant de ce roman. Le père commence à être à court de mots, comme si le temps lui rappelait que c’était trop tard. Le fils, quant à lui, arrête de fuir pour tenter de trouver les mots, la seule manière d’aborder la vie. La transmission et la rencontrent se font, dans la maladresse, teintées d’une certaine peur et cette fébrilité est particulièrement émouvante.

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Detail du livre

Poids0,210 kg
Dimensions18,2 × 14 × 1 cm
Auteur

BEYROUK

Éditeur

SABINE WESPIESE

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