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LA REVUE DU MONDE NOIR, 1931-1932
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| Catégorie | Essais littéraires |
|---|---|
| Tag: | Harmattan |
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L’amour extraconjugal est associé à un désir d’ailleurs, un espace de liberté qui ne pâtit pas et ne doit pas pâtir des contraintes du quotidien. Des liaisons interdites aux amours clandestines, les artistes de chaque époque ne manquent pas d’imagination et mettent en avant ce mode de vie : ils le célèbrent, parfois plus rêvé qu’accompli, parfois dans les amours libres comme l’amour lesbien. Ils nous plongent dans les méandres de tous les sentiments qu’engendre ce démon : souffrances, plénitude, angoisse, désir, folie, etc. Dans ce douzième numéro des Cahiers du CRLF, ces artistes n’hésitent pas à explorer l’amour extraconjugal dans toutes ses formes.
La fin de l’innocence. Telle est désormais la réalité de l’action humanitaire. Somalie, Éthiopie, Cambodge, Haïti, Rwanda, Bosnie, aujourd’hui le Kosovo : combien, en effet, d’interventions destinées à alléger les souffrances des populations, voire à jeter les bases de la paix civile, ont eu des conséquences autres, imprévues ?Depuis la fin de la guerre froide, dans un monde traversé par la tension entre la globalisation et le repli identitaire, les conflits internes se sont multipliés, de nouveaux acteurs sont apparus : organisations non gouvernementales, groupes d’intérêt de la société civile, groupes paramilitaires, armées privées, réseaux liés au crime organisé. Les États influents, désireux pour leur part de jouer un rôle immédiat face aux crises, prennent de plus en plus en main l’action humanitaire d’urgence au détriment de l’action politique centrée sur la résolution des conflits. En sorte que droit d’ingérence et intervention humanitaire ont été mêlés, avec des fortunes diverses. Aujourd’hui l’assistance humanitaire engendre souvent une dépendance durable des bénéficiaires égard des donateurs ; elle alimente parfois les guerres dont elle a pour objet d’alléger les souffrances. Pour sortir de ces dilemmes moraux, pour éviter le piège d’une aidconséquente ou d’un refus conséquent d’aider, l’humanitaire doit apprendre à s’interroger sur les causes des situations d’urgence dans lesquelles il se déploie.
L’ancienne France, qui avait au Moyen Age conquis l’Angleterre, fondé le royaume de Sicile et participé à la création des Etats francs d’Orient, reste sur la réserve quand, aux XVe et XVIe siècles, Portugais et Espagnols se partagent le monde. En dépit de l’absence politique de la nation, des négociants et des marins issus des provinces maritimes sillonnent les eaux du globe, commerçant, pêchant, s’essayant même, en violation du monopole ibérique, à quelques tentatives d’installation. La révolte des Hollandais contre les Espagnols et leur assaut victorieux contre l’Asie portugaise des épices entraînent bientôt Français et Anglais dans la voie des conquêtes durables.
Alors que le roi de France demeure en Europe prisonnier des guerres extérieures et civiles, des aventuriers lui offrent un empire colonial: la Nouvelle-France, Terre-Neuve, la Guyane, les Antilles, la Louisiane, les Mascareignes, Pondichéry. Quoique peu peuplé et mal défendu, ce domaine d’outre-mer prend conscience de sa réalité sous Colbert. Pourtant, à la fin de son règne, Louis XIV concède un premier démembrement de ses possessions aux Anglais. En 1763, Louis XV ne possède plus que quelques îles et quelques comptoirs. C’est alors que la disparition de l’empire territorial en friche révèle la richesse de l’empire commercial antillais qui permet à la France de dominer le marché des sucres et des cafés. Mais bientôt, à Saint-Domingue, la Révolution sonne l’heure du soulèvement des esclaves. Napoléon, malgré les moyens qu’il met en œuvre pour anéantir l’Angleterre et s’approprier son empire colonial, échoue. La » seconde guerre de Cent Ans « , commencée sous le Grand Roi, s’achève: la Grande-Bretagne exerce une hégémonie planétaire qu’elle conservera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
Le présent travail va montrer, avec différents outils d’analyse, les concordances et les discordances entre ces écritures féminines qui appartiennent à des champs littéraires plus vastes : la littérature antillaise, maghrébine et subsaharienne. Nous concevrons notre recherche sur une perspective de confrontation entre ces écrits à travers une thématique commune : l’enfance. Elle sera abordée, paradoxalement et de façon ambivalente à travers la sacralisation et la désacralisation. Ce choix du thème répond intérêt croissant que nous portons à la figure de l’enfant qui nous semble privilégiée dans les écrits de femmes. Quant au choix des romancières, il correspond à une curiosité attentive pour les littératures antillaises et subsahariennes qui mettent en avant une certaine démarcation par rapport à la littérature maghrébine qui a fait l’objet de nos précédentes recherches.
» Partager du savoir » est une collection qui tend à rendre compte des réalités complexes, des préoccupations humaines et contemporaines qui dépassent le seul cadre disciplinaire de l’activité traditionnelle de la recherche universitaire. Il s’agit ici de rétablir les passerelles entre la science et le citoyen.
Edgar Morin
« L’Afrique est arrimée à l’Occident par un faisceau de conditionnements et semble marquée à tout jamais dans ses attitudes, dans l’exercice de sa pensée, dans ses pratiques de connaissance ainsi que dans ses manières de vivre.
D’aucuns y ont vu, outre l’existence du « Père », l’étrangeté de son « odeur ». L’Occident demeure maître et civilisateur. Par le biais privilégié de sa technoscience, il règne encore au cœur de l’Afrique. Mais peut-on évoquer judicieusement l’Afrique d’aujourd’hui sans prendre en compte ce nouvel écosystème ? La question du rapport entre cette technoscience occidentale et la culture négro africaine est un des grands défis posés à un continent en quête de développement authentique.
Car l’intrusion de la technoscience occidentale dans les mailles de la société africaine repose la question des valeurs contemporaines : quelles sont en fait nos idéologies ? Le mal-être de l’Afrique ne réside-t-il pas dans les incohérences individuelles et sociales ? Et quelle sera notre nouvelle éthique ? »
On’Okundji Okavu Ekanga
Tierno Bokar vécut au Mali, au début du XXe siècle. Fervent musulman, d’obédience soufie, il créa à Bandiagara une école où il dispensait un enseignement spirituel préconisant l’ijtihad, « l’effort de réflexion personnelle ». Fin observateur de la nature et des scènes de la vie quotidienne, il s’en inspirait pour inventer des contes philosophiques qui touchaient essentiel. Son école devint le pôle de référence pour les habitants qui y envoyaient leurs enfants et où se retrouvaient de nombreux jeunes gens et marabouts de la ville. Mais cet enseignement, prônant la tolérance, le dialogue entre les religions et les cultures, n’était pas du goût des marabouts islamiques orthodoxes qui firent tout pour le réduire au silence. Louis Decque retrace son voyage sur les traces de Tierno Bokar, recueillant les témoignages des derniers disciples encore vivants et relatant la vie de cet homme remarquable. Tout au long de sa quête, il nous fait entendre les paroles de celui qu’on appelait Le Sage de Bandiagara, paroles étonnamment actuelles tant elles sont universelles.
La thématique du crime, de l’enquête ou du suspect, en termes de vraies et de fausses pistes, suffit-elle encore pour faire avancer la recherche sur les frontières entre le roman policier et les autres formes du récit ? Cette question est au centre des réflexions de ce livre. Cet ouvrage explore les zones opaques de l’écriture romanesque et ses voiles identitaires et imaginaires. Il aide à mieux décrire la production de sens dans le roman par le biais des modèles issus de la linguistique, de la pragmatique, de la sémiologie, de la poétique et de la narratologie, qui ouvrent plusieurs perspectives sur l’aspect mystérieux du récit romanesque dont l’œil narratif accompagne le silence des personnages et engage le lecteur dans une vaste entreprise d’élucidation. Il exploite les ressorts épistémologiques et esthétiques d’un type de narration fondée sur le manque et l’inadaptation.
« En Afrique subsaharienne, le fou mène une existence axiale » écrit Bessem Aloui dans l’introduction de son ouvrage. L’expression est saisissante. Ce livre explore ce paradoxe d’une folie à la fois destructrice et créative susceptible de mettre en tension, un espace, une temporalité et une écriture. Dans le combat qu’il engage au sein de son époque, Sony Labou Tansi choisit résolument le côté de la vie. Bessem Aloui rend compte de la démesure de la folie qui naît dans les trous de silence de l’ordre mondial. La folie est chez Sony Labou Tansi un foyer de distorsion. Elle crée son propre centre à partir duquel doit se réagencer tout un environnement social, écologique et cosmique. Par sa démesure même, la folie nous fait signe. Elle est au coeur de la puissance d’interpellation de la littérature de Sony.
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