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LE CERCLE DES TROPIQUES
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| Catégorie | Essais littéraires |
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| Tag: | Harmattan |
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La fin de l’innocence. Telle est désormais la réalité de l’action humanitaire. Somalie, Éthiopie, Cambodge, Haïti, Rwanda, Bosnie, aujourd’hui le Kosovo : combien, en effet, d’interventions destinées à alléger les souffrances des populations, voire à jeter les bases de la paix civile, ont eu des conséquences autres, imprévues ?Depuis la fin de la guerre froide, dans un monde traversé par la tension entre la globalisation et le repli identitaire, les conflits internes se sont multipliés, de nouveaux acteurs sont apparus : organisations non gouvernementales, groupes d’intérêt de la société civile, groupes paramilitaires, armées privées, réseaux liés au crime organisé. Les États influents, désireux pour leur part de jouer un rôle immédiat face aux crises, prennent de plus en plus en main l’action humanitaire d’urgence au détriment de l’action politique centrée sur la résolution des conflits. En sorte que droit d’ingérence et intervention humanitaire ont été mêlés, avec des fortunes diverses. Aujourd’hui l’assistance humanitaire engendre souvent une dépendance durable des bénéficiaires égard des donateurs ; elle alimente parfois les guerres dont elle a pour objet d’alléger les souffrances. Pour sortir de ces dilemmes moraux, pour éviter le piège d’une aidconséquente ou d’un refus conséquent d’aider, l’humanitaire doit apprendre à s’interroger sur les causes des situations d’urgence dans lesquelles il se déploie.
Akoun, récit du Fokwé, » retrace les prouesses que doivent accomplir les futurs guerriers en chef des tribus Akhan avant d’obtenir des aînés le flambeau de la maturité et pour les braves l’épée héréditaire de leur clan et de leur classe d’âge « . Il se présente sous la forme d’un recueil de récits contés par le grand-père le soir au coin du feu. Nous suivons Akoun, le héros, depuis sa naissance jusqu’au jour où, élu Saphohin, il part pour la guerre contre les tribus voisines. L’auteur, maître d’une écriture riche, élégante, flamboyante, chante les étapes de son éducation virile, qui exige du garçon un perpétuel dépassement de soi dans des épreuves et des prouesses : tout petit encore, il participe à une chasse au buffle avec son père et Agbana le guérisseur, dont il reçoit des leçons de choses d’une rare qualité ; à dix ans, à la » conquête du palmier « , il livre un combat victorieux à un serpent naja ; plus tard le sollicitent joutes, durs travaux des champs, qui exigent vigueur et endurance, amitiés viriles et rivalités, enfin un duel titanesque contre Yapo – prouesses par lesquelles il veut mériter la belle Ahoua. Arrivé à l’âge d’homme, Akoun s’illustre à la guerre, et rapporte un glorieux trophée : une tête de Saphohin. Après une séance de palabres homériques, il est élu Saphohin à son tour. Doté d’un glaive forgé par 10 000 forgerons en 7 fois 7 jours et 7 fois 7 nuits, enduit de poison, éprouvé par 7 fois 7 chocs contre un rocher, béni par le féticheur, Akoun n’a plus qu’à partir guerroyer. » La paix c’est pour les femmes, les hommes font la guerre. » Il va attaquer Otchougoumou l’Imprenable. Laurent Mama Abéhikin reprend dans Akoun la tradition orale de son clan, la geste des Akhan, il se fait l’aède de cette épopée.
Rires noirs ? Voulez-vous dire que les Noirs ont le rire noir ? N’est-ce pas creuser le malentendu, en partant d’une mauvaise plaisanterie, à propos de sujets qui mériteraient d’être traités sur un ton plutôt sérieux. Sans doute, mais le lecteur critique qui passe après l’écrivain n’a pas à désamorcer les bombes à retardement qu’il trouve dans ce qu’il lit. Il saute dessus : en lisant, il les fait exploser en éclats de rire. Voici ces éclats dans le roman des romans des Rires noirs du monde noir.
Au lendemain de l’écroulement de la puissance napoléonienne, la monarchie bourbonienne restaurée met beaucoup d’acharnement à récupérer les quelques territoires que l’Angleterre a accepté de lui restituer. Dans les derniers jours du règne de Charles X, l’expédition d’Alger, origine opération de politique extérieure, inaugure une reprise de l’expansion qui ira s’amplifiant sous la Monarchie de Juillet, le Second Empire et plus encore la Troisième République.
Ainsi s’est constitué le second empire colonial français, même si l’opinion et le personnel politique ne vibrent pas unanimement, loin de là, aux entreprises et aux succès de leurs soldats, de leurs fonctionnaires, de leurs missionnaires.
Pourtant, avec la fin des opérations de conquête, les Français se rallient, de plus en plus nombreux, idée de l’empire, à laquelle l’Exposition de 1931 les sensibilise davantage. Au lendemain de la Libération, ils communient brièvement dans l’illusion de constituer avec les peuples d’outre-mer une grande » Union française fraternelle « .
Or la Seconde Guerre mondiale, avec l’entrée en scène de puissances extra-européennes, a profondément ébranlé un édifice tenu pour indestructible. Avec une répugnance tempérée de résignation, la France se défera en peu d’années de l’essentiel de ses possessions: dans le sang et le drame (Indochine, Algérie…), ou bien dans la concertation (Afrique noire). Le prestige de De Gaulle, qui comprit, en dépit de ses préférences personnelles, la nécessité historique de cette évolution, aida grandement la nation à franchir ce cap.
Un prêtre noir, un intellectuel occidentalisé découvre l’ambiguïté de sa situation. Si par fidélité au message évangélique il renie l’Eglise, son adhésion aux thèses marxistes-léninistes de maquisards africains n’est encore qu’une fuite, un tourment et un terrible échec. Ce roman témoigne de la quête exemplaire d’une authenticité humaine dont ce monde rend peut-être l’accomplissement impossible.
» Partager du savoir » est une collection qui tend à rendre compte des réalités complexes, des préoccupations humaines et contemporaines qui dépassent le seul cadre disciplinaire de l’activité traditionnelle de la recherche universitaire. Il s’agit ici de rétablir les passerelles entre la science et le citoyen.
Edgar Morin
« L’Afrique est arrimée à l’Occident par un faisceau de conditionnements et semble marquée à tout jamais dans ses attitudes, dans l’exercice de sa pensée, dans ses pratiques de connaissance ainsi que dans ses manières de vivre.
D’aucuns y ont vu, outre l’existence du « Père », l’étrangeté de son « odeur ». L’Occident demeure maître et civilisateur. Par le biais privilégié de sa technoscience, il règne encore au cœur de l’Afrique. Mais peut-on évoquer judicieusement l’Afrique d’aujourd’hui sans prendre en compte ce nouvel écosystème ? La question du rapport entre cette technoscience occidentale et la culture négro africaine est un des grands défis posés à un continent en quête de développement authentique.
Car l’intrusion de la technoscience occidentale dans les mailles de la société africaine repose la question des valeurs contemporaines : quelles sont en fait nos idéologies ? Le mal-être de l’Afrique ne réside-t-il pas dans les incohérences individuelles et sociales ? Et quelle sera notre nouvelle éthique ? »
On’Okundji Okavu Ekanga
Tierno Bokar vécut au Mali, au début du XXe siècle. Fervent musulman, d’obédience soufie, il créa à Bandiagara une école où il dispensait un enseignement spirituel préconisant l’ijtihad, « l’effort de réflexion personnelle ». Fin observateur de la nature et des scènes de la vie quotidienne, il s’en inspirait pour inventer des contes philosophiques qui touchaient essentiel. Son école devint le pôle de référence pour les habitants qui y envoyaient leurs enfants et où se retrouvaient de nombreux jeunes gens et marabouts de la ville. Mais cet enseignement, prônant la tolérance, le dialogue entre les religions et les cultures, n’était pas du goût des marabouts islamiques orthodoxes qui firent tout pour le réduire au silence. Louis Decque retrace son voyage sur les traces de Tierno Bokar, recueillant les témoignages des derniers disciples encore vivants et relatant la vie de cet homme remarquable. Tout au long de sa quête, il nous fait entendre les paroles de celui qu’on appelait Le Sage de Bandiagara, paroles étonnamment actuelles tant elles sont universelles.
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