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Les années littéraires en Afrique (1987-1992) – Tome 2
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| Catégorie | SCIENCES HUMAINES & SOCIALES & LETTRES |
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| Tag: | Harmattan |
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Rires noirs ? Voulez-vous dire que les Noirs ont le rire noir ? N’est-ce pas creuser le malentendu, en partant d’une mauvaise plaisanterie, à propos de sujets qui mériteraient d’être traités sur un ton plutôt sérieux. Sans doute, mais le lecteur critique qui passe après l’écrivain n’a pas à désamorcer les bombes à retardement qu’il trouve dans ce qu’il lit. Il saute dessus : en lisant, il les fait exploser en éclats de rire. Voici ces éclats dans le roman des romans des Rires noirs du monde noir.
L’ancienne France, qui avait au Moyen Age conquis l’Angleterre, fondé le royaume de Sicile et participé à la création des Etats francs d’Orient, reste sur la réserve quand, aux XVe et XVIe siècles, Portugais et Espagnols se partagent le monde. En dépit de l’absence politique de la nation, des négociants et des marins issus des provinces maritimes sillonnent les eaux du globe, commerçant, pêchant, s’essayant même, en violation du monopole ibérique, à quelques tentatives d’installation. La révolte des Hollandais contre les Espagnols et leur assaut victorieux contre l’Asie portugaise des épices entraînent bientôt Français et Anglais dans la voie des conquêtes durables.
Alors que le roi de France demeure en Europe prisonnier des guerres extérieures et civiles, des aventuriers lui offrent un empire colonial: la Nouvelle-France, Terre-Neuve, la Guyane, les Antilles, la Louisiane, les Mascareignes, Pondichéry. Quoique peu peuplé et mal défendu, ce domaine d’outre-mer prend conscience de sa réalité sous Colbert. Pourtant, à la fin de son règne, Louis XIV concède un premier démembrement de ses possessions aux Anglais. En 1763, Louis XV ne possède plus que quelques îles et quelques comptoirs. C’est alors que la disparition de l’empire territorial en friche révèle la richesse de l’empire commercial antillais qui permet à la France de dominer le marché des sucres et des cafés. Mais bientôt, à Saint-Domingue, la Révolution sonne l’heure du soulèvement des esclaves. Napoléon, malgré les moyens qu’il met en œuvre pour anéantir l’Angleterre et s’approprier son empire colonial, échoue. La » seconde guerre de Cent Ans « , commencée sous le Grand Roi, s’achève: la Grande-Bretagne exerce une hégémonie planétaire qu’elle conservera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
Qui a dit : « Un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle ? »
Qui a utilisé pour la première fois le mot négritude ?
Qui a dit : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il fonce sur sa proie et la dévore ? »
Qui a créé Présence Africaine ?
Qui a écrit « Le vieux nègre et la médaille » ?
Où se trouve la Case de Gaulle ?
Vous trouverez les réponses à toutes ces questions – et à bien d’autres – dans ce recueil qui a pour objectif d’aiguiser votre curiosité…
Qu’elle soit écrite en français, en anglais ou en portugais, la littérature négro-africaine exprime d’abord un cri.
Ce cri résonne au fil des textes de cette anthologie qui commence avec la prise de conscience des Noirs, décrit leurs luttes pour la liberté, et se poursuit par une réflexion sur leur condition d’affranchis. A travers ce panorama critique, Lylian Kesteloot nous livre les clés d’une littérature riche et violente, animée par la volonté d’indépendance et la reconquête de l’héritage traditionnel.
Les contes ont une histoire. Ils ne sont pas hors du temps, mais s’inventent et se transforment au fil des différentes versions dont ils sont l’objet: formes orales traditionnelles, éditions lettrées ou populaires, chansons, pièces de théâtre, vies de saints, images,…
Les contes évoluent selon la société qui les produit, celle qui les transmet et celle qui les reçoit. Ainsi, en Bretagne, sous l’influence de Gilles de Rais, le sadique Barbe-Bleuitie sa femme à une sexualité déviante et la tue lorsqu’elle lui annonce la naissance d’un héritier. A Marseille, une corporation d’artisans transforme l’histoire de Geneviève de Brabant pour redorer son blason; à Lille, des montreurs de marionnettes et de lanternes magiques font de Geneviève, épouse calomniée, une amoureuse passionnée…
Le conteur ne se contente pas de broder sur un thème donné. Tout son talent consiste précisément à savoir adapter son récit à son auditoire. Les éditeurs de la Bibliothèque bleue _ cette collection d’ouvrages vendus par les colporteurs _ le savaient bien qui ont modifié les contes en fonction de ce qu’ils supposaient être l’attente du public. De même, au XVIIIe siècle, selon les éditeurs ou les conteurs, la fille aux mains coupées est tour à tour une sainte ou une prostituée, tandis que les romantiques, clercs aussi bien que lettrés, associeront la Vénus d’Ille à sainte Agnès ou à la Vierge Marie. Au cours des siècles, les contes nous offrent leur richesse pour comprendre l’étroite relation qui n’a cessé d’exister entre ceux qui les disent, ceux qui les écoutent ou ceux qui les lisent.
La « France profonde » a-t-elle été « colonialiste » ? A-t-elle été “anticolonialiste” ? Elle a pu sembler, selon les époques, plutôt l’une ou plutôt l’autre. Masse distraite entre des minorités passionnées. C’est peut-être pourquoi l’« anticolonialisme » en tant que mouvement d’idée en France n’a jusqu’à présent fait l’objet que d’études partielles ou ponctuelles. Ce livre est donc la première synthèse consacrée au phénomène, et surtout à ses principaux acteurs. Il couvre la période d’existence du « deuxième domaine colonial », c’est-à-dire les quatre-vingts années qui vont du premier gouvernement Jules Ferry, en 1881, à la signature des accords d’Évian en 1962. Et s’efforce alors de répondre à l’insolite question : Qui ont été les « anticolonialistes » ?
Tu l’auras certainement déjà appris par la radio à la réception de cette lettre: ton frère, oui ton propre frère avec lequel tu as partager les misère de votre père, ton frère est devenu ministre. Je voulais dire qu’il est « enfin » devenu ministre, mais je te vois me reprochant d’avoir toujours été impatient. Je te revois, chaque fois que tu venais me rendre visite ici à la capitale et que je me plaignais de l’inutilité de mes retournement politiques, de l’ingratitude de ma vie de caméléon, de l’insuccès de mes courbettes et de mes dons d’or, de défenses d’éléphant et de champagne, je te revois me rappelant à la patience, insistant sur le fait que le laboureur finit n’importe comment par récolter, que la sueur ne coule jamais inutilement.
« Jour après jour, s’insinuant en moi à pas de loup, la mer a accompli sa tâche. Elle m’a envahie, a noyé tous les paysages de la mémoire, et les bougies de l’enfance se sont éteintes. Mais on a beau laver son corps, le savonner et le parfumer, l’odeur de la peau finit toujours par remonter. Ils ont retrouvé ma piste la nuit dernière. »
Dans une île des Caraïbes, vit Marie-Eve, une femme apparemment comblée. A la veille d’un vernissage qui va assurer sa consécration, elle rencontre un couple étrange, qu’elle a peur de reconnaître.
Commence alors un long voyage intérieur qui nous conduit au Gabon, puis sur les rives du Congo. Au centre du roman une histoire d’amour dans une Afrique ensoleillée, qui danse et chante ; une Afrique qui veut demeurer attachée à d’anciennes croyances et, dans le même mouvement, s’interroge sur sa place dans ce siècle de vitesse. La narratrice nous fait découvrir une société sur laquelle elle pose un regard affectueux, souvent ironique, toujours lucide. Au-delà d’un pays, c’est une plongée dans la profondeur d’un être décidé à aller jusqu’au bout d’elle-même. Il lui faudra franchir le fleuve, changer de paysage, aborder l’autre rive.
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